Plus de 400 experts de l’industrie sont attendus pour l’édition 2021 de la Semaine de l’hydroélectricité canadienne, qui se tiendra en mode virtuel du 6 au 8 octobre.

L’hydroélectricité est le grand atout concurrentiel du Canada dans ses efforts de réduction des émissions de GES afin d’atteindre ses cibles en vertu de l’Accord de Paris, ainsi que son objectif de carboneutralité en 2050. La décennie qui s’ouvre sera critique pour l’accélération des projets et investissements visant à optimiser les centrales existantes ainsi qu’à construire de nouvelles infrastructures de production hydroélectrique, de stockage et de transport d’énergie, afin de maintenir la fiabilité et la résilience du réseau électrique.

Au cours de la Semaine virtuelle de l’hydroélectricité canadienne 2021 (du 6 au 8 octobre), des chefs de file du Canada et d’autres pays se rencontreront pour discuter de l’évolution future dans ce secteur.

Nous avons interviewé Patrick Bateman, président intérimaire d’Hydroélectricité Canada, afin d’avoir un avant-goût de l’événement de cette année.

Q : La Semaine de l’hydroélectricité canadienne approche rapidement. En quoi consiste cet événement? Pouvez-vous nous donner un aperçu de ce qui est prévu pour cette année?

R : La Semaine de l’hydroélectricité canadienne est le grand rendez-vous national annuel des producteurs d’hydroélectricité et des fournisseurs de leur chaîne d’approvisionnement au Canada.

Elle est organisée par Hydroélectricité Canada, l’association industrielle nationale dont la mission est de représenter la plus ancienne et la plus importante filière d’énergie propre et renouvelable du Canada, et de favoriser son développement.

Notre édition 2021 comprendra deux journées de discours, de présentations et de tables rondes mettant en vedette des experts reconnus et des décideurs, puis une journée d’ateliers de formation permanente portant sur les technologies de notre industrie.

Enfin, l’événement sera accessible en mode virtuel. Ce sera l’occasion de réunir des participants très nombreux et provenant de régions très diverses. Nous allons aussi chercher à maximiser les possibilités pour nos participants de discuter entre eux et de réseauter.

Q : Qui participera à cet événement, et pourquoi?

R : D’une part, tous les grands producteurs d’hydroélectricité – tant les sociétés d’État que les producteurs indépendants. D’autre part, leurs grands fournisseurs, notamment les équipementiers, les firmes d’ingénierie et les entreprises de construction dans tout le pays.

Nous sommes fiers de compter Hydro-Québec et BC Hydro parmi nos trois commanditaires principaux cette année. À eux seuls, ces deux producteurs représentent plus de la moitié de toute la puissance hydroélectrique installée au Canada; ils comptent aussi parmi les plus grands producteurs d’hydroélectricité au monde.

Notre troisième commanditaire principal cette année est Voith Hydro. Cette entreprise propose des technologies très innovantes pour moderniser les centrales existantes et prolonger leur vie utile, ainsi que des équipements et des pratiques avant-gardistes pour les projets de nouvelles centrales.

Q : Le thème de cette année est « En marche vers la carboneutralité ». Qu’est-ce qui vous a inspiré ce choix?

R : Maintenant que la COVID-19 est presque derrière nous, il est plus que temps de relancer l’activité économique et la création d’emplois.

Parallèlement, au début novembre se tiendra la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques – la COP 26. Nous assistons à un tournant historique : les grandes économies du monde entier annoncent enfin des politiques climatiques ambitieuses, et prennent des engagements de carboneutralité.

C’est la convergence de ces deux besoins – stimuler l’économie et créer des emplois, et mettre en place une infrastructure énergétique carboneutre à grande échelle pour atteindre les objectifs climatiques – qui sous-tend notre thème « En marche vers la carboneutralité ».

Par ses projets, son expertise et ses ressources, notre secteur est appelé à jouer un rôle central dans cette évolution. Notre thème fait écho au nouvel impératif de « rebâtir en mieux », et évoque les solutions à mobiliser pour relever les défis les plus pressants qui confrontent l’hydroélectricité aujourd’hui.

Q : Comme vous l’avez mentionné, la Semaine de l’hydroélectricité canadienne se tiendra peu de temps avant la COP 26 à Glasgow. Quelle pourrait être la principale contribution de cet événement canadien au débat mondial sur les changements climatiques?

R : Les pays comme le nôtre, qui disposent d’abondantes ressources hydroélectriques, sont les mieux placés au monde pour atteindre la carboneutralité du réseau électrique, puis pour utiliser cette électricité propre afin de décarboner d’autres secteurs comme les transports, le bâtiment et l’industrie. En outre, les régions riches en hydroélectricité peuvent aider les régions voisines à équilibrer la production intermittente de leurs parcs éoliens et solaires.

Notre événement sera une excellente occasion d’explorer cette réalité et de positionner l’hydroélectricité au cœur des solutions présentées par le Canada au monde entier pour la lutte contre les changements climatiques.

Q : Les perspectives sont immenses pour les projets et investissements en hydroélectricité. Pouvez-vous nous indiquer succinctement en quoi ceux-ci consistent?

R : Je distingue au moins trois grandes catégories de projets et investissements futurs.

D’abord, les réfections et réaménagements de centrales existantes. De gros investissements seront nécessaires pour prolonger la vie des actifs vieillissants au cours des prochaines décennies. C’est du même coup l’occasion d’augmenter le rendement énergétique, la puissance installée et la capacité de stockage de ces installations, et de leur donner une nouvelle vie.

Deuxièmement, je vois des occasions d’améliorer les collaborations interrégionales. Plusieurs régions du Canada, par exemple, sont en train d’abandonner le charbon; en même temps, plusieurs autres régions dégagent des surplus d’hydroélectricité. Il est donc particulièrement opportun de construire des lignes de transport afin de raccorder l’offre et la demande d’électricité entre ces différentes régions.

Et troisièmement, on voit émerger la pertinence de projets transformationnels, comme les centrales hydroélectriques à accumulation par pompage pour le stockage d’énergie à long terme. De telles infrastructures joueront un rôle essentiel pour décarboner notre réseau électrique.

La production d’hydrogène par électrolyse est un autre moyen de tirer parti de l’hydroélectricité, afin d’alimenter des procédés industriels ou de créer de nouveaux vecteurs énergétiques.

À tout cela s’ajoute évidemment un énorme potentiel de construction nouvelles centrales.

L’hydroélectricité est la plus importante filière d’énergie renouvelable au Canada aujourd’hui, tant en investissements annuels qu’en création d’emplois. Dans le cheminement du Canada vers 2050, la position d’avant-garde de l’hydroélectricité dans le marché de l’énergie nous ouvre un potentiel considérable.

Q : Le programme de la Semaine virtuelle de l’hydroélectricité canadienne 2021 sera rendu public au mois d’août. Pouvez-vous nous en donner un avant-goût? Ou certains points particulièrement intéressants?

R : Nous préférons rester discrets sur ce sujet, mais voici tout de même un petit aperçu. Nous avons une séance plénière d’ouverture mettant en vedette des dirigeants nationaux et internationaux de grands producteurs d’hydroélectricité. Ce sera une première pour notre association et pour le Canada, et nous en sommes très fiers.

Plusieurs conférenciers de prestige ont aussi confirmé leur participation, ainsi que des experts reconnus qui vont aller au fond des enjeux essentiels, des défis et des opportunités qui se présentent à notre secteur. Nous avons aussi un programme technique très étoffé. Tout cela est vraiment très prometteur!

Q : Pourquoi cet événement est-il incontournable pour les acteurs de l’industrie et les décideurs gouvernementaux?

R : Les dix prochaines années sont critiques pour lancer les projets et investissements qui seront nécessaires pour respecter les engagements climatiques du Canada dans le cadre de l’Accord de Paris, et de là, pour atteindre notre objectif de carboneutralité. Ce grand rendez-vous de la filière d’énergie propre et renouvelable par excellence du Canada permettra d’explorer les principaux atouts concurrentiels que présente l’hydroélectricité pour répondre aux défis d’abandonner le charbon, de multiplier la production d’énergie propre, de généraliser l’électrification et de stimuler le secteur de l’hydrogène vert. J’invite tous les intervenants à célébrer avec nous ce tournant historique. C’est une occasion exceptionnelle de donner forme à un avenir énergétique des plus prometteurs.

La Semaine de l’hydroélectricité canadienne est un événement virtuel qui se tiendra du 6 au 8 octobre 2021. Elle comprendra aussi une cérémonie de remise de prix d’excellence 2021 du Réseau Women in Renewable Energy (WiRE).

Toute personne intéressée à faire une présentation pendant l’événement est invitée à répondre à l’appel à conférenciers. Des occasions de commandite sont également disponibles; téléchargez notre prospectus et écrivez-nous à l’adresse [email protected] pour de plus amples détails.